Présentation des conclusions de l’évaluation du premier Plan national de prévention du suicide au Luxembourg

Lors d'une conférence de presse, la ministre de la Santé Paulette Lenert, a présenté les conclusions de l’évaluation du Plan national de prévention de suicide au Luxembourg (PNPSL 2015-2019). Cette évaluation a été élaborée par la consultante indépendante Véronique Louazel, chargée d'études en santé publique auprès d’Itinere conseil (France).

Comme relevé dans le rapport d’évaluation, les points forts du plan ont été les nombreuses actions à destination du grand public (campagnes de sensibilisation, sites internet, semaines de la santé mentale, etc.), ainsi que les outils spécifiques créés à destination des secteurs généralistes (guide école, guide famille, formations, etc.)  Il est recommandé de continuer de développer ces activités de sensibilisation, de déstigmatisation du suicide et de formation qui doit davantage cibler le personnel enseignant et les professionnels de santé. Ces formations doivent aussi s’adresser aux proches : collègues, entourage des groupes à risque, afin d’offrir un cadre bienveillant aux personnes en souffrance, de détecter les signes et d’orienter vers les services d’aide.

Parmi les points faibles, on peut relever les secteurs trop souvent cloisonnés, tant au niveau de la gouvernance, qu’au niveau opérationnel, ou encore, la difficulté à impliquer le secteur de la médecine générale, pourtant première ligne de la demande d’aide.

« Il n’existe pas de hiérarchie entre la santé mentale et la santé physique, » a déclaré la ministre Paulette Lenert. C’est la raison pour laquelle le ministère compte davantage investir au niveau de la qualité de l’accompagnement en cas de suicidalité. La problématique centrale est ici l’accès à la prise en charge, les services d’urgences dans les hôpitaux p.ex. qui ne sont pas toujours adaptés aux besoins, ou encore le délai d’attente dans la prise en charge en médecine libérale.

Bien que ce plan ait été clôturé en 2019, certaines actions sont toujours maintenues. Sur les 33 actions décrites dans le PNPSL, 19 actions ont abouti ou sont en phase de réalisation. Ainsi, le repérage des signes d’alarme de la crise suicidaire demeure un des objectifs prioritaires des actions lancées. Actuellement, plus de 1.000 personnes ont suivi cette formation organisée par le Centre d’information et de prévention (CIP) de la Ligue d’hygiène mentale, conventionnée avec le ministère de la Santé. Une nouvelle action de continuité, ayant trouvé un début lors de la semaine de la santé mentale en automne 2020, est l’organisation de la formation de premiers secours en santé mentale. Durant cette semaine, 120 personnes ont pu être formés avec déjà 450 inscrits durant cette semaine.

Le suicide est le résultat d’interactions complexes entre différents facteurs de risque et de protection. Néanmoins, tout suicide est évitable et les moyens de réduire de manière significative le nombre de décès par suicide existent.

« Chacun a un rôle important à jouer dans la prévention du suicide, en commençant par les structures de santé, les écoles, mais aussi le monde de l’entreprise et la communauté au sens large » a rappelé Paulette Lenert. « C’est en œuvrant ensemble que nous parviendrons à sauver des vies ».

Cette évaluation du PNPSL démontre l’importance de poursuivre et de développer d’autres actions transversales concernant le bien-être de la population en amont afin d’éviter les éléments déclencheurs d’une crise suicidaire. En aval, il s’agit de se pencher davantage sur les aspects de l’accès aux soins et le suivi pour les personnes en souffrance. C’est la raison pour laquelle la santé mentale sera un des piliers de la stratégie nationale de santé qui sera développée et présentée au cours de l’année 2021.

L’évaluation intégrale du PNPSL 2015-2019 peut être consultée ci-dessous.

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  • Dernière modification le 02-02-2021