Mesures de remédiation : Constructions existantes

En fonction des niveaux de radon à l’intérieur des bâtiments, la Division de la Radioprotection (DRP) propose des actions présentées dans le tableau 1. Pour des questions supplémentaires n'hésitez pas à contacter la DRP.

Tableau 1 : Actions conseillées en fonction des niveaux de radon à l’intérieur des bâtiments

Empêcher l’entrée du radon

Pour les constructions existantes, il est conseillé de colmater les fentes et fissures apparentes afin de diminuer l’apport convectif du radon. Ainsi l’étanchement des fissures et des fentes constitue une étape primordiale pour diminuer la présence de radon dans un bâtiment (Figure 9).

Or, il faut considérer que des ouvertures et fissures peuvent être présentes dans des endroits peu visibles ou même cachés. De plus, il est conseillé d’étanchéifier les raccordements et les passages de canalisation, et de veiller à ce que les siphons soient toujours remplis avec de l’eau. En effet, l’identification et l’obturation parfaite de tous les points d’entrée est difficile, voire impossible. Cette méthode doit être appliquée avec un grand soin, car le risque de réouverture en cas de fissures évolutives persiste. Normalement cette mesure est prise en combinaison avec d’autres mesures et permet de réduire le radon fréquemment d’un facteur 2. 

Système de dépressurisation du sol

Le système de dépressurisation du sol (SDS) (tel que l’installation d’un puisard) qui a pour but d’inverser le sens d’écoulement de l’air entre le bâtiment et le sol, est très efficace pour réduire la concentration en radon dans l’air à l’intérieur du bâtiment. L’air contenu dans la porosité du sol à l’interface du bâtiment est ainsi mis à une pression inférieure à celle présent dans le bâtiment. Cette installation nécessite également une voie de sortie par laquelle l’air pollué avec le radon peut être expulsé vers l’extérieur. Par conséquence, le radon est emprisonné dans le soubassement et peut directement être évacué vers l’extérieur. Le transport convectif du radon entre le sol et le bâtiment est ainsi éliminé (Figure 10).


Différentes variantes de cette méthode peuvent être appliquées en fonction du type de bâtiment et de l’environnement. Ainsi, l’air pollué par le radon peut être évacué à travers les locaux de la cave non habités ou bien par le vide-ventilé. Alternativement, un puisard peut être installé en dessous de la maison ou bien juste à côté du bâtiment existant (Figure 11). L’installation d’un puisard peut également être combinée à la ventilation mécanique du bâtiment (Figure 12).


Pour garantir l’efficacité de ce système, il faut veiller à ce que le point d’évacuation d’air pollué ne passe pas à travers la maison, car en cas de défaut d’étanchéité l’air riche en radon pourrait pénétrer dans la maison. Il est conseillé de mettre le point de d’évacuation d’air vers l’extérieur du bâtiments, et loin des ouvertures telles que portes ou fenêtres.

Ventilation

Il est vivement conseillé de maintenir une bonne ventilation dans le bâtiment et plus spécifiquement dans les locaux de la cave. La ventilation permet non seulement d’éliminer les pollutions produites dans le bâtiment, mais garanti également un apport d’air frais aux occupants. Une ventilation mécanique contrôlée (VMC) à double flux est efficace pour diluer le radon dans l’air intérieur. Une ventilation double flux qui est en équilibre n’entraîne pas une augmentation de dépression entre le bâtiment et le sol. De plus, avec un système de récupération de chaleur, le coût énergétique peut être atténué. Il est donc primordial que le système de ventilation du bâtiment soit correctement dimensionné et bien entretenu tout en évitant d’accentuer la dépression naturelle du bâtiment. La ventilation du bâtiment contribue à diminuer le niveau en radon de 50% par un effet de dilution. Il faut souvent combiner avec les mesures destinées à empêcher l’entrée du radon dans le bâtiment. Pensez à faire vérifier régulièrement votre installation par un professionnel.

Ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple et double flux
La ventilation mécanique assure l’échange d’air c’est-à-dire l’évacuation de l’air usé et l’apport d’air frais en évitant l’apport de substances nocives de l’extérieur. La rétention des polluants externes se fait à l’aide de filtres de différentes mailles et qui existent en différentes formes. Pour plus d’informations, consulter le dépliant « Ventilation Mécanique Contrôlée » publiée par la Division de la santé au travail et de l’environnement de la Direction de la Santé.

Système de pressurisation positive

Un système de pressurisation positive (aussi appelé ventilation positive) peut aussi être envisagé pour remédier à la problématique du radon. Cette méthode met l’habitation en surpression par rapport au sous-sol. Une ventilation aspire l’air de l’extérieur et l’insuffle à l’intérieur du bâtiment. L’apport d’air extérieur contribue à la réduction de la concentration en radon de l’air intérieur par phénomène de dilution. La mise en surpression du bâtiment refoule l’air contaminé en radon en provenance du sous-sol et l’empêche ainsi de pénétrer dans l’habitation (Figure 13). A noter que cette méthode améliore la qualité générale de l’air dans l’habitation, mais est peu efficace pour les niveaux de radon très élevés et les coûts de cette installation sont importants.


Travaux de remédiation - exemple d’un cas pratique

Afin d’illustrer une remédiation, le cas d’une maison située dans la commune de Wahl a été choisi. Dans cet exemple, il s’agit d’une ferme ancienne rénovée. Une petite cave est présente sous la partie salle à manger. Il n’y a pas de dalle de béton et les sols du rez-de-chaussée sont majoritairement du parquet. Après avoir mesuré le radon dans l’air, il s’est avéré que les concentrations étaient trop élevées pour rester inactif. En effet, celles-ci atteignaient 1700 Bq/m3 au rez-de-chaussée et 2300 Bq/m3 à l’étage. Un phénomène inverse à celui observé en général. Ici,  les valeurs plus élevées à l’étage s’expliquent par la présence d’une cage d’escalier mal isolée par laquelle le radon se concentre passant directement de la cave aux pièces du premier étage.

Des mesures de remédiations sont indispensables. De manière optimale, il faut évacuer le radon avant qu’il ne pénètre dans le bâtiment. La cave de la maison a été bien étanchéifiée et mise en légère dépression à l’aide d’un système de ventilation. Ainsi, l’air pollué avec le radon est évacué vers l’extérieur (Figure 14). Dans un premier temps, des essais de cette mesure de remédiation ont été mis en place à l’aide d’un dispositif mobile de la DRP. Après démonstration de l’efficacité de cette méthode, l’installation d’un puisard définitif a été réalisée par des professionnels. La concentration en radon dans l’air a pu être baissée de manière significative, de sorte que les valeurs obtenues pour la période hivernale actuelle sont faibles (< 50 Bq/m3). Différentes variantes de cette méthode peuvent être appliquées en fonction du type de bâtiment et de l’environnement.

  • Dernière modification le 30-05-2018