1er décembre - Journée mondiale du sida : Connaître son statut sérologique, c’est se protéger soi-même et les autres.

Le 1er décembre reste la date symbolique de la Journée mondiale de lutte contre le sida. Cette journée a été définie en 1988 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme journée de sensibilisation au VIH et de solidarité à l’égard des personnes séropositives.

Cette année l’accent sera mis, plus que jamais, sur le dépistage.

Le VIH dans le monde : les chiffres officiels

- Situation mondiale du VIH/Sida :
• 37 900 000 personnes vivaient avec le VIH dans le monde à la fin de 2018.
• 1 700 000 nouvelles infections ont été enregistrées en 2018.
• 770 000 décès par maladies reliées au Sida ont eu lieu en 2018
• 32 000 000 de morts depuis le début de la pandémie, qui se révèle être l’une des plus destructrices de notre histoire (Source : ONUSIDA 2018).

- Aujourd’hui, 4 personnes sur 5 bénéficient du test VIH, et 2 personnes sur 3 bénéficient du traitement anti-rétroviral : Les réseaux communautaires, de personnes concernées par le VIH, de professionnels de la santé et des soins, de décideurs politiques, et de donateurs financiers, ont permis ce succès.


Le Luxembourg investit environ 20% de son aide publique au développement dans le domaine de la santé mondiale, y inclus les maladies transmissibles et la couverture sanitaire universelle. La lutte contre le VIH/sida étant une priorité de la Coopération luxembourgeoise, un accent particulier est mis sur la santé et droits sexuels et reproductifs.

Le Luxembourg est un partenaire de longue date et un des dix principaux donateurs d’ONUSIDA. Ces efforts sont complémentaires à ceux d’autres partenaires majeurs de la Coopération luxembourgeoise, notamment le Fonds mondial de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que l’OMS.
Depuis 2017, le Luxembourg soutient en outre la Stratégie d’accélération d’ONUSIDA qui vise à renforcer les plans nationaux des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, afin d’atteindre les cibles de traitement 90-90-90 (90% des personnes en connaissance de leur statut sérologique, 90% de personnes séropositives en traitement rétroviral, 90% de personnes sous traitement rétroviral à charge virale durablement supprimée) et de tripler le nombre de personnes ayant accès à des traitements et soins de santé de qualité. Marc Angel, député européen luxembourgeois a notamment été nommé Ambassadeur de l’ONUSIDA pour les objectifs de traitement 90-90-90.

L’engagement de la société civile et des communautés est également un pilier fondamental de la lutte contre le VIH/sida, particulièrement dans les pays partenaires de la Coopération luxembourgeoise en Afrique de l’Ouest et du Centre. La société civile est un important moteur du développement et un tremplin vers l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable 3 concernant la santé et le bien-être. Les fonds catalytiques luxembourgeois ont notamment permis de fonder l’Institut de la Société civile en Afrique de l’Ouest et du Centre, une approche régionale de partage de connaissances et de bonnes pratiques.  

- Pour intensifier la lutte contre le Sida et optimiser les efforts, l’OMS recommande une approche communautaire basée sur la prévention, le dépistage et le traitement :
•    L’accès aux tests rapides et aux autotests doit être facilité.
•    Les populations cibles doivent être informées et sensibilisées à l’utilité du test VIH en situation de risque.
•    Connaître son statut sérologique permet de recevoir rapidement un traitement.
•    Le suivi du traitement évite les complications graves de la maladie Sida, et permet de vivre avec une qualité et une espérance de vie proche de celle d’une personne non infectée.
•    Le traitement antirétroviral réduit également le risque d’infecter d’autres personnes, et permet de stopper la progression de l’épidémie.

-    Si le but ultime « I=I » (Indétectable=Intransmissible) est atteint, l’épidémie du sida sera stoppée. Les personnes concernées par le VIH et leurs partenaires pourront vivre une vie productive et heureuse et fonder des familles.

- Force est de constater aujourd’hui que ces objectifs ne pourront pas être atteints en 2020 :
•    Aujourd’hui, en Europe, 80 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 20% ignorent donc qu’elles sont infectées.
•    65% des personnes diagnostiquées reçoivent un traitement, donc environ 1 million de personnes vivant avec le VIH ne reçoivent pas de traitement. Un fossé important s’est creusé entre l’Europe de l’ouest et l’Europe de l’est, où l’orientation vers les soins après le diagnostic demeure encore très faible.
•    86% des personnes sous traitement ont effectivement une charge virale indétectable, mais à cause des retards (en moyenne 3 ans) dans les diagnostics et de l’écart dans l’accès au traitement, 1,2 millions de personnes vivent toujours en Europe avec un VIH non refoulé. Au niveau mondial, à l’heure actuelle, seulement 53 % des personnes vivant avec le VIH ont une charge virale indétectable et ne sont plus à risque d’infecter les autres.
•    Il existe également des disparités importantes au sein des populations clefs, surtout auprès des personnes fragilisées et marginalisées : Ainsi, par exemple, bien que 90 % des consommateurs séropositifs de drogues injectables connaissent leur diagnostic, 50% seulement sont sous traitement, et 39 % ont une charge virale indétectable.

- Nous voyons donc que nous devons renforcer nos efforts de prévention et notre engagement communautaire pour soutenir et aider les personnes concernées :
•    L’activisme contre la discrimination et la stigmatisation, l’action de la société civile, ont été des ressources clefs depuis le début de l’épidémie dans notre réponse de lutte contre le VIH. Il s’agit d’encourager la communauté des soins de santé et de la recherche et de galvaniser nos efforts vers une plus grande équité, vers le respect des droits humains et de la santé, et pour l’innovation scientifique.
•    En septembre 2019, les dirigeants globaux ont signé la première déclaration de Nations-Unies attribuant un rôle prioritaire aux soins de santé primaire, adaptés aux besoins spécifiques des communautés, permettant leur émancipation et leur engagement dans la lutte contre le VIH.
•    Aujourd’hui, les soins centrés sur la personne et l’engagement solidaire de la société civile sont inclus dans trois des objectifs globaux pour le développement durable.

Situation au Luxembourg : Baisse notable des nouvelles infections au VIH ! (Baisse des infections enregistrées ?)

D’après les chiffres de 2019 :
- Il est estimé que 1176 personnes vivent avec le VIH au Luxembourg,
- 40 personnes ont été nouvellement infectées (dont 17 HSH, 21 hétéros),
- 86 nouvelles entrées VIH ont été enregistrées dans la cohorte luxembourgeoise.

Une baisse des nouvelles infections est donc constatée (60 cas en 2017, 48 cas en 2018, 40 cas en 2019 (29 novembre 2019 ) . La flambée épidémique auprès des usagers de drogues par voie intraveineuse semble stoppée. En revanche, on note une augmentation des nouveaux cas d’infection auprès des hétérosexuels, alors qu’on constate une légère baisse chez les homo/bisexuels (HSH).


En ce qui concerne la cascade des soins du VIH au Luxembourg, en 2018, par rapport à l’objectif de l’ONUSIDA, 90-90-90, le Luxembourg se situe parmi les pays européens les plus performants et peut espérer atteindre, en s’appuyant sur son troisième plan d’action national HIV (2018-2022), les objectifs recommandés par l’ONUSIDA au cours de la prochaine décennie avec ses résultats suivants:

-    85 % des personnes infectées ont été diagnostiquées,
-    89,2% des personnes diagnostiquées ont reçu un traitement antirétroviral,
-    88,8% des personnes sous traitement avaient une charge virale indétectable.

Un petit décrochage subsiste entre le 2e et le 3e objectif, parce que le Luxembourg est un petit pays aux carrefours de l’Europe, avec beaucoup de passages, de transitions et de migrations, ce qui explique que bon nombre de personnes diagnostiquées ne se présentent plus aux consultations ou sont perdues de vue après leur mise sous traitement.

Or, même si on constate une baisse des nouvelles infections, il convient de persévérer dans les efforts de prévention entamés.

Autotest VIH, un outil supplémentaire qui vient compléter les possibilités de dépistage existantes

En absence de symptômes, l’infection au VIH ne peut être décelée que par un test de dépistage. Ce test reste le seul moyen de savoir si une personne est infectée par le VIH ou non et surtout, le premier moyen d’accès à la trithérapie qui, débutée précocement après une infection, offre une meilleure prise en charge et une qualité et espérance de vie proche de celle d’une personne non-infectée.

Aujourd’hui, il existe plusieurs façons de se dépister pour le VIH : par une prise de sang classique à l’hôpital ou en laboratoire bien sûr, mais également par un test de dépistage rapide à orientation diagnostique (TROD) chez la HIV Berodung ou dans le DIMPS(Mobile HIV Testing) de la Croix-Rouge. Le TROD, communément appelé test rapide, consiste à prélever une goutte de sang à l’extrémité du doigt.

Depuis juillet 2019, un outil supplémentaire complète les possibilités de dépistage existantes. Il s’agit de l’autotest de dépistage du VIH, en vente dans les pharmacies et, depuis le 23 novembre, dans les différents Cactus du pays.

Comme le précise Étienne Schneider, Vice-Premier ministre, ministre de la Santé : « Grâce aux autotests de l’immunodéficience humaine (VIH), toute personne peut procéder à l’autodiagnostic, en toute discrétion et confidentialité chez elle, en moins d’une demi-heure, d’une éventuelle infection par le VIH qui remonte à plus de trois mois. »

Avec la vente des dispositifs d’autodiagnostic VIH en grande surface, le Luxembourg offre une option complémentaire de dépistage du VIH qui contribue en même temps à supprimer certaines barrières au diagnostic. Une personne qui connaît son statut sérologique peut adapter son comportement en conséquence et ainsi se protéger soi-même et les autres.

Événements organisés dans le cadre de la Journée Mondiale de lutte contre le sida – 1er décembre 2019

Cette année est particulièrement riche en évènements divers :

Love Baguette : du 22 novembre au 1er décembre 2019

Pour la première fois cette année, une collaboration entre la HIV Berodung et l’Artisan de saveurs «Namur», avec le soutien du ministère de la Santé, a permis la réalisation de la Love Baguette. Pour 2,20€ vous pourrez acheter une baguette façonnée en forme de ruban rouge, symbole de la solidarité avec les personnes vivant avec le VIH du 22 novembre au 1er décembre dans tous les magasins Namur du pays. La Love Baguette, c’est déguster une baguette de qualité tout en faisant une action solidaire. À chaque baguette achetée, 1 € sera versé par Namur au service HIV Berodung pour ses activités de prévention. L’emballage de la Love Baguette a gracieusement été façonné par l’artiste Jacques Schneider.

La Love Baguette sera également en vente le 1er décembre, Journée mondiale du sida, au chalet solidaire HIV Berodung situé au Roude Pëtz.

Brunch solidaire : le 1er décembre 2019

Cette année, un Brunch Solidaire est organisé par le service HIV Berodung au restaurant Plëss de l’Hôtel Place d’Armes. Ce brunch, ouvert à tous (à condition de réserver ses places à l’avance), aura lieu en présence du Vice-Premier ministre, ministre de la Santé, Étienne Schneider, et sera l’occasion de partager un moment convivial et solidaire avec les acteurs de terrain et des personnes vivant avec le VIH. Pour chaque 10 brunchs achetés, le restaurant Plëss offrira un brunch à une personne vivant avec le VIH en situation de précarité. Les bénéfices serviront à l’organisation d’une activité récréative aux bénéficiaires du service HIV Berodung.
Plus d’informations sur la page Facebook Dimps-project.
Réservations (jusqu’au 30.11.2019 à 12:00) sur : https://www.weezevent.com/brunch-solidaire-journee-mondiale-du-sida

Journée de sensibilisation destinée aux lycéens : 29 novembre 2019

Le vendredi 29 novembre, une centaine de lycéens du pays participeront à la 3ème édition de la journée de sensibilisation organisée conjointement par le CHL, le service HIV Berodung de la Croix-Rouge et le Luxembourg Institute of Health, avec le soutien du ministère de la Santé. Les élèves auront l’occasion de participer à des ateliers les informant sur les modes de transmission du VIH, les sensibilisant aux traitements et à la recherche.

Remise des prix du concours « Preventive Art » : 29 novembre 2019 (Exposition jusqu’au 6 décembre)

La fin de cette journée sera marquée par la remise des prix du concours « Preventive Art- Art on Poster » organisée par le service HIV Berodung de la Croix-Rouge luxembourgeoise, avec le soutien de l’artiste Jacques Schneider. Ce concours s’adressait aux jeunes lycéens en leur demandant de créer une affiche de prévention du VIH. 30 projets ont été reçus dont 4 ont été primés et seront déclinés en affiches diffusées dans les lycées du pays. La remise des prix se fera lors d’une petite réception donnée dès 17h au CHL. Les différents projets seront exposés au CHL durant une semaine.

MUDAM : weekend spécial World Aids Day

Le Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (MUDAM) accueille ce weekend du 1er décembre plusieurs évènements spéciaux, organisés dans le cadre de l’exposition « David Wojnarovicz ». La projection de plusieurs films et vidéos, thématisant l’activisme contre la stigmatisation et la lutte contre le VIH/Sida, accompagne des conférences, discussions et une table-ronde sur le sujet de l’objectif ONUSIDA, 90-90-90.
Programme : https://www.mudam.com/events/world-aids-day



  • Dernière modification le 29-11-2019