Le 17 septembre : Journée mondiale de la sécurité des patients

World Patient Safety Day

À l’occasion de la « Journée mondiale de la sécurité des patients », déclarée par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) en date du 17 septembre, le ministère de la Santé rappelle que la sécurité des patients est un problème sérieux de santé publique. Selon les données de l’OMS pour les pays développés, lors d’une hospitalisation, 1 patient sur dix est victime d’un évènement indésirable et 7 patients sur 100 contractent une infection liée aux soins. Lors d’un contact avec le système de santé, il y a 1 chance sur 300 qu’un patient soit victime d’effets indésirables. En comparaison, les secteurs d’activité réputés à risque, tels que l’aviation et l’énergie nucléaire, sont bien plus performants en matière de sécurité que le secteur des soins de santé. En effet, le risque qu’un passager soit victime d’un accident d’aviation n’est que de 1 sur 1 million.

De quoi parle-t-on ?

La sécurité des soins est le fait de prévenir ou de réduire le risque d’événements indésirables et de préjudices consécutifs aux soins de santé. Un événement indésirable associé aux soins est un évènement inattendu qui perturbe ou retarde le processus de soin ou impacte directement le patient dans sa santé. Les événements indésirables associés aux soins ne résultent pas d’actes délibérés de malveillance. Au contraire, ils sont le reflet de la complexité des systèmes de santé actuels. Les améliorations de la sécurité pour les patients supposent donc un effort complexe de l’ensemble du système, porté par l’ensemble des acteurs. La sécurité des patients, c’est donc l’affaire de tous !

Il faut savoir que près de 50% des évènements indésirables sont évitables et que l’amélioration de la sécurité du patient permettrait ainsi d’éviter plus de 3 000 000 de décès par an dans le monde.

Quel est l’impact des événements indésirables ?

Les évènements indésirables graves peuvent provoquer des dommages réversibles ou irréversibles chez les patients, et/ou les professionnels de santé, et conduire à des séquelles permanentes, des durées d’hospitalisation plus longues dans les établissements de soins ou même entraîner la mort.

Les préjudices causés aux patients sont classés à la 14e place dans l’échelle du fardeau mondial des maladies (au même niveau que la tuberculose ou la malaria).

D'après le rapport de l'OMS sur la sécurité des patients, ces 15 dernières années, les efforts des pays pour réduire le poids des préjudices causés aux patients n’ont pas apporté de changement notable malgré des innovations dans le domaine des traitements, des technologies et des modèles de soins.

Sur le plan économique, le manque de sécurité pour les patients a aussi un coût non négligeable, qui se chiffre selon l’OCDE à 15% des dépenses et des activités des hôpitaux.

Enfin, les événements indésirables et les failles dans la sécurité des soins entraînent une perte de confiance dans les systèmes de santé et concourt aux inégalités d’accès aux soins de qualité.

Et au Luxembourg ?

Au Luxembourg, de nombreux outils et dispositifs contribuant à la sécurité des patients existent. Pour n’en citer que quelques exemples, la loi hospitalière de 2018 a institué un Comité de gestion interhospitalière, en charge de la promotion de la qualité et de la sécurité du patient. Les recommandations de bonnes pratiques, les vigilances sanitaires ou les checklists (notamment de sécurité opératoire) en sont d’autres. Certains risques, comme les infections associées aux soins, ont en outre, au fil des années, fait l’objet de politiques nationales structurées et dédiées en termes de qualité et de sécurité. Les hôpitaux luxembourgeois ne sont pas en reste et organisent des sessions de sensibilisation à la sécurité des patients tant pour les professionnels de la santé que pour les patients.

Pourquoi une journée mondiale de la sécurité du patient ?

Faire de la sécurité des patients une priorité de santé publique et un challenge mondial requiert une coopération internationale. La récente adoption d’une résolution « Action mondiale sur la sécurité des patients » par l’Assemblée Mondiale de la Santé (AMS) est l’une des avancées les plus importantes en la matière. Ces dernières années, chaque Sommet ministériel mondial sur la sécurité des patients (organisé respectivement par les pays suivants : Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Arabie Saoudite) a fait fonction de plateforme centrale pour l’amélioration de la sécurité des patients dans le monde et a constitué un outil formidable pour faciliter la collaboration entre les pays et les parties prenantes.

La journée mondiale de la sécurité des patients s’adresse à tous les professionnels de la santé et des soins, tous secteurs confondus, ainsi qu’aux citoyens, et vise à accroître la prise de conscience de chacun sur l’importance de la sécurité des soins.

Pour plus d’information sur la campagne de la journée mondiale de la sécurité des patients, consultez le site de l'OMS.

Le Luxembourg et la sécurité des patients

2005      

En 2005 déjà, lors de la présidence européenne, le Luxembourg était à l’initiative de la Conférence du Luxembourg d’avril 2005 (La sécurité des patients : en faire une réalité) qui a permis d’inscrire la sécurité des patients à l’agenda politique de l’Union Européenne et de développer une stratégie européenne de promotion de la sécurité des patients. Cette conférence a permis l’adoption de la « Déclaration de Luxembourg » qui comporte des recommandations aux autorités nationales et aux professionnels de santé.

2018      

Le Luxembourg réitère son engagement pour la sécurité des patients en signant la « Déclaration de Tokyo sur la Sécurité des Patients » lors du Troisième Sommet Ministériel Mondial sur la Sécurité Patient qui s’est tenu au Japon. Cette déclaration engage les pays à accélérer leur progrès dans l’amélioration mondiale de la sécurité des patients en alignant les incitants, en augmentant la transparence et en mettant en œuvre les pratiques qui reconnaissent l’importance de l’amélioration continue en matière de sécurité et de qualité dans les soins de santé. La date du 17 septembre proposée lors du sommet comme journée mondiale de la sécurité des patients est soutenue par le Luxembourg.

2019     

Le Luxembourg célèbre la première Journée mondiale de la sécurité des patients.

Message dans le cadre de la Journée mondiale pour la Sécurité des patients

Le Luxembourg célèbre la première journée mondiale de la sécurité des patients.

Le Sommet ministériel mondial sur la sécurité des patients (Patient Safety Summit)

2016       À Londres

Lancé à Londres en 2016 par le secrétaire d’État à la santé du Royaume-Uni, Jeremy Hunt, le Sommet ministériel mondial sur la sécurité des patients a pour but sensibiliser tous les acteurs de la santé et des politiques de santé à la question de la sécurité des patients : « apprendre et agir pour corriger les problèmes de sécurité des patients ».


2017      En Allemagne

Le Deuxième Sommet ministériel mondial sur la sécurités des patients a permis d’élever la sécurité patient en tant que priorité mondiale de santé. 

2018     Au Japon

Le troisième sommet a permis de réunir les ministres de la Santé et des experts internationaux dans le but de générer et de promouvoir un mouvement mondial pour l’avancement de la sécurité des patients. Les thèmes phare de ce sommet étaient la couverture sanitaire universelle et la sécurité des patients. Ce sommet s’est conclu par la signature de la « Déclaration de Tokyo sur la Sécurité des Patients ».

2019      En Arabie Saoudite

Le quatrième sommet s’est surtout focalisé sur la sécurité des patients dans les pays à revenus moyens et faibles, qui à eux seuls couvrent 2/3 du problème mondial des préjudices causés aux patients. Ce sommet s’est conclu par la signature de la « Déclaration de Jeddah sur la Sécurité des Patients ». 

2020     En Suisse

Le prochain Sommet ministériel mondial aura lieu en Suisse , au mois de février 2020. Les thèmes abordés seront les infections associées aux soins et la sécurité des patients.

  • Dernière modification le 17-09-2019