Le 17 septembre: Journée internationale de la sécurité des patients

En ce 17 septembre 2018, le ministère de la Santé rappelle les enjeux de la sécurité des soins, un principe fondamental de la qualité des soins. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque étape de l’administration des soins s’accompagne d’un certain risque pour le patient. Des événements indésirables peuvent résulter de problèmes au niveau de la pratique, des produits utilisés, des procédures ou du système de soins. Des évènements indésirables graves peuvent provoquer des dommages réversibles ou irréversibles chez les patients, et/ou les professionnels de santé, et conduire à des séquelles permanentes, des durées d’hospitalisation plus longues dans les établissements de soins ou même entraîner la mort.


L’OMS estime qu’en Europe 7% des patients hospitalisés développent une infection associée aux soins et qu’un tiers de ces infections peuvent être évitées. Chez les patients vulnérables dans un état critique et dans les unités de soins intensifs, la proportion d’infection associée aux soins peut même atteindre 30%.


Cependant, le taux d’infections associées aux soins (aussi appelées infections nosocomiales) et/ou de bactéries résistantes aux antibiotiques, diminue lorsque l’hygiène des mains est respectée.


«L’hygiène des mains par les professionnels de la santé et par le personnel intervenant au chevet du patient est le moyen le plus sûr, le plus efficace et le moins cher pour éviter les infections nosocomiales; c’est un élément essentiel dans la lutte contre les infections associées aux soins et la transmission d’agents infectieux pathogènes», souligne la ministre de la Santé, Lydia Mutsch.


Les événements indésirables associés aux soins ne résultent pas d’actes délibérés de malveillance. Au contraire, ils sont le reflet de la complexité des systèmes de santé actuels. Les améliorations de la sécurité pour les patients supposent donc un effort complexe de l’ensemble du système, porté par l’ensemble des acteurs.


De nombreux outils et dispositifs contribuant à la sécurité des patients sont déjà en place au Luxembourg. La récente loi hospitalière qui institue un Comité de gestion interhospitalière en charge de la promotion de la qualité et de la sécurité patient en est un exemple. Les recommandations de bonnes pratiques, les vigilances sanitaires ou les checklists (notamment de sécurité opératoire) en sont d’autres. Certains risques, comme les infections associées aux soins, ont en outre, au fil des années, fait l’objet de politiques nationales structurées et dédiées en termes de qualité et de sécurité.


La Journée internationale de la sécurité du patient s’adresse à tous les professionnels de la santé et des soins, tous secteurs confondus, ainsi qu’aux citoyens et vise à accroître la prise de conscience de chacun sur l’importance de la sécurité des soins.

Le Luxembourg signe la Déclaration de Tokyo sur la sécurité patient


Le Luxembourg a réitéré son engagement pour la sécurité des patients en signant la Déclaration de Tokyo sur la sécurité patient lors du troisième sommet ministériel mondial sur la sécurité du patient, qui s’est tenu les 13 et 14 avril 2018 au Japon. Cette déclaration engage les pays à accélérer leur progrès dans l’amélioration mondiale de la sécurité des patients en alignant les incitants, en augmentant la transparence et en mettant en œuvre les pratiques qui reconnaissent l’importance de l’amélioration continue en matière de sécurité et de qualité dans les soins de santé.


Lancé à Londres en 2016 par le secrétaire d’État du Royaume-Uni, Jeremy Hunt, le sommet ministériel mondial sur la sécurité du patient a pour but de sensibiliser tous les acteurs de la santé et des politiques de santé à la question de la sécurité des patients: «Apprendre et agir pour corriger les problèmes de sécurité des patients». Ce troisième sommet a permis de réunir les ministres de la Santé et des experts internationaux dans le but de générer et de promouvoir un mouvement mondial pour l’avancement de la sécurité des patients. La date du 17 septembre proposée lors du sommet comme Journée internationale de la sécurité des patients est soutenue par le Luxembourg.


Rappelons qu’en 2005 déjà, lors de la présidence européenne, le Luxembourg était à l’initiative de la conférence du Luxembourg d’avril 2005 (La sécurité des patients: en faire une réalité) qui a permis d’inscrire la sécurité des patients à l’agenda politique de l’Union européenne et de développer une stratégie européenne de promotion de la sécurité des patients. Cette conférence a permis l’adoption de la «Déclaration de Luxembourg» qui comporte des recommandations aux autorités nationales et aux professionnels de santé.

La sécurité du patient en quelques chiffres


Les préjudices causés aux patients sont classés à la 14e place dans l’échelle du fardeau mondial des maladies (au même niveau que la tuberculose ou la malaria).


Selon les données des pays développés collectées par l’OMS, lors d’une hospitalisation, 1 patient sur dix est victime d’un évènement indésirable et 7 patients sur 100 contractent une infection nosocomiale. L’OMS précise que les secteurs d’activité réputés à risque tels que l’aviation et l’énergie nucléaire sont bien meilleurs que les soins de santé en matière de sécurité. En effet, il y a 1 chance sur 1 million qu’un passager soit victime d’un accident. En comparaison, lors d’un contact avec le système de santé, il y a 1 chance sur 300 qu’un patient soit victime d’effets indésirables.


L’OCDE estime que 15% de l’activité et des coûts hospitaliers de ses membres sont imputables à des failles dans la sécurité des patients.


Plus de 40% des évènements indésirables sont évitables. L’amélioration de la sécurité du patient permettrait ainsi d’éviter plus de 3.000.000 de décès par an dans le monde.

  • Dernière modification le 17-09-2018