L'état du phénomène de la drogue au Grand-Duché de Luxembourg

Le Point focal luxembourgeois de l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT) a mis en place le RÉseau Luxembourgeois d'Information sur les Stupéfiants et les toxicomanies (RELIS)pour assurer la surveillance épidémiologique des phénomènes liés aux drogues.

Une base de données nationale est mise à jour annuellement et fournit des informations sur la prévalence, l'incidence, l'évolution de l'usage des drogues et les trajectoires institutionnelles des demandeurs de soins.

Dans la boîte "Pour en savoir plus" ci-dessous, vous pourrez télécharger l'édition 2014 du rapport national sur l'état du phénomène de la drogue au Luxembourg.

Tendances au Luxembourg

Indicateurs de prévalence d’usage problématique de drogues et caractéristiques des usagers

Depuis 2003, on observe une tendance à la baisse du nombre  d'Usagers Problématiques de Drogues (UPD) illicites au Luxembourg

Au fil de la dernière décennie, la polyconsommation est devenue le comportement prépondérant chez les usagers de drogues en contact avec le réseau institutionnel national.

Toutefois, la pratique de l’injection tend à diminuer au bénéfice de la consommation par inhalation.

Par contre on observe une augmentation de personnes en contact avec les institutions nationales en raison de problèmes liés à l’usage de cannabis.  

L’âge moyen des usagers recensés est passé de 28 ans et 4 mois en 1995 à 33 ans et 6 mois en 2013. L’âge moyen des usagers masculins a augmenté plus rapidement que celui des femmes. L’âge moyen des usagers luxembourgeois est inférieur à celui des non-luxembourgeois. A souligner enfin que les usagers de drogues illicites ont tendance à entrer en traitement de façon plus précoce, ce qui pourrait être dû à une offre de prise en charge qui a été diversifiée au cours des dernières années.

Mortalité et morbidité associées à la consommation de drogues

Le nombre de décès par surdose au Luxembourg est en baisse : 11 cas en 2013 contre 27 cas en 2007.

Les données médico-légales de 1992 à 2013 confirment que la quasi-totalité des décès impliquait la consommation d’héroïne. Bien que la moyenne d’âge des victimes ait augmenté de façon continue, la proportion de victimes âgées de moins de 20 ans est restée relativement stable.

A souligner enfin que depuis l’ouverture de la première salle de consommation supervisée de drogues jusqu’à fin 2014 quelque 1.800 incidents de surdosage ont été gérés et aucune surdose, prise en charge à l’intérieur de cette structure d’accueil, a connu une issue fatale.

Mortalité et morbidité associées à la consommation de drogues

En termes épidémiologiques, le taux d’infection au VIH au sein de la population d’UPD se situe autour de 4%. La proportion moyenne d'usagers intraveineux de drogues parmi les personnes nouvellement infectées par le VIH, a suivi une tendance longitudinale discontinue à la baisse jusqu’à 2011 pour accuser une tendance à la hausse depuis lors (2013 : 8,54% et tendance croissante en 2014).

Disponibilité et qualité des drogues illicites au niveau national

Au cours des dernières années des réseaux de distribution mieux organisés ont vu le jour sur le plan national. L’expansion de ces réseaux plus structurés a contribué à une hausse sensible de la disponibilité de drogues illicites, particulièrement en ce qui concerne l’offre de cocaïne. Les nouvelles drogues synthétiques et produits associés (Legal highs) sont également en progression.

Un phénomène plus récent consiste par ailleurs dans le fait que les groupements ethniques ont davantage tendance à interagir et à se concerter au niveau de l’organisation de la vente de drogues, tandis qu’auparavant, aucune filière criminelle ne cherchait le contact avec les autres groupes. Par ailleurs, ces derniers œuvrent à délocaliser leurs points de vente vers des endroits moins visibles à la police, tels qu’appartements privés ou cafés.

Un indicateur complémentaire de la disponibilité accrue de drogues illicites au niveau national est à voir dans le fait qu’actuellement plus de 40% des usagers s’approvisionnent en drogues illicites exclusivement au Luxembourg, alors que cette proportion représentait seulement 15% en 2008.

  • Dernière modification le 14-01-2015