Prévention de la Santé Mentale et de la Psychiatrie

Depuis mai 2009, 10 partenaires de la Grande Région et le CRP-Santé ont lancé un projet INTERREG de Promotion et de Prévention de la Santé Mentale et de la Psychiatrie. Dans ce  cadre, une journée d’échange avec les partenaires lorrains, wallons et sarrois est organisée le 24 mars 2010 à l’Abbaye de Neumünster à Luxembourg. Elle porte sur l’importance de la parole et de la place des patients et de leurs proches, ainsi que des citoyens, pour la prise en compte de leurs besoins dans l’organisation des prises en charge et du système de santé. Elle permettra aussi de cerner les facteurs favorables  à la  création, à Luxembourg, d’une association de patients de la psychiatrie et de la Santé Mentale en se basant sur l’expérience de nos partenaires de la grande région, et d’identifier le soutien nécessaire pour cette innovation. Une telle structure fait défaut au Luxembourg. La thématique est d’actualité, elle met l’accent sur les nouveaux enjeux de la santé publique et sur sa dimension démocratique et citoyenne.

Depuis plusieurs années,  les décideurs politiques  s’appuient sur le « métissage » des ressources afin de multiplier les lieux et les acteurs de la décision publique. Dans le domaine de la psychiatrie et de la santé mentale plus largement, pour alimenter leurs réflexions, les politiques publiques  rassemblent ainsi de nombreux acteurs : administratifs, experts, patients, familles, professionnels de santé. Le Luxembourg, avec sa plateforme de la psychiatrie adulte a depuis plusieurs années ouvert la voie en ce sens. De même dans le cadre du projet de santé mentale des jeunes initié par le Ministère de la Santé et réalisé en collaboration avec le CRP-Santé, la consultation des acteurs à très large échelle sur le plan national a été enrichie par la parole des citoyens ( confédération des jeunes, association de parents)  et par la voie des parents d’enfants présentant des troubles de la santé mentale. L’élaboration et la mise en oeuvre des politiques relèvent  aujourd’hui des ministères, des politiciens élus, mais également des groupes d’experts et autres lobbies tels que les publics d’usagers, de patients, de familles, mobilisés dans le cadre de mouvements sociaux et dans des dispositifs de démocratie participative.

Partout dans le monde, on constate le poids croissant de collectifs d’usagers dans l’action publique relative à la toxicomanie et au sida, passant, depuis une quinzaine d’années, de « groupes de malades » à celui d’acteurs de la décision publique. Ces réseaux ou collectifs associatifs apolitiques sont actifs à différente échelle, depuis l’international jusqu’aux territoires et aux communes.

A quoi servent de telles associations ?

Nous savons qu’elles répondent à un certain nombre de besoins, notamment celui de rompre l’isolement des patients et des familles qui souffrent de leur situation. De plus, elles  produisent, diffusent et donnent accès à des informations utiles pour les personnes. Ce type d’associations sensibilise le monde politique aux difficultés rencontrées par les patients et les familles. Elles sont utiles aussi pour le développement de partenariats avec les professionnels de santé. Grâce à la créativité de ses membres, elles  élaborent souvent des actions innovantes et nouvelles pour améliorer la qualité de vie des personnes.

La base de la réflexion est lancée le 24 mars 2010, par la journée organisée par le CRP-Santé avec ses partenaires transfrontaliers. Tous les éléments seront réunis ce jour-là pour susciter la création d’une association luxembourgeoise des patients de la psychiatrie au Luxembourg s’appuyant sur l’expérience des autres associations. Cette journée fera bénéficier les luxembourgeois de l’apport du réseau de compétences des partenaires d’INTERREG sarrois, lorrains et wallons. De leur  savoir-faire, de leurs méthodes d’interventions, les luxembourgeois pourront s’inspirer pour améliorer la qualité de vie des personnes qui souffrent et pour participer au fonctionnement démocratique et participatif de notre société.

Nous souhaitons que cette journée constitue le début d’un processus dans lequel, le Luxembourg,  peut faire avancer le concept de « promotion de la santé mentale » de l’OMS. L'un des premiers objectifs de la promotion de la santé mentale est d’améliorer la qualité de vie de la population et d’inscrire, pour les États, la santé mentale en bonne place dans le programme d'action national.

Dans le cadre du projet INTERREG, Prévention Promotion de la Santé Mentale, 1000 invitations sont adressées  sur tout le territoire luxembourgeois aux professionnels de la santé, aux patients et aux familles à la journée transfrontalière du 24 mars 2010. Elle se tiendra à l’Abbaye de Neumünster de 10 à 18h. L’entrée est gratuite et ouverte à tous. Le Ministère de la Santé soutient cette initiative.

Nous souhaitons  que cette journée débouche sur la création effective d’une Asbl luxembourgeoise de patients de la psychiatrie qui puisse devenir un interlocuteur des autorités publiques et des professionnels.

Nous avons encore beaucoup à apprendre dans le domaine de la santé mentale et de la psychiatrie. Alors apprenons ensemble pour réussir le pari qui est de construire pour nos enfants une société favorable à leur santé mentale leur permettant de prendre une place responsable dans la société de demain.

Notre devoir collectif est aussi de protéger ceux qui sont fragilisés par la pathologie psychiatrique en respectant leur parole comme pour tout citoyen.

  • Dernière modification le 16-03-2010